Nous sommes tous partisans d’une personnalisation élégante et discrète, mais parfois, rien ne vaut l’impact visuel d’une moto sportive fortement modifiée. Et cette Gixxer des années 80 est aussi subtile qu’une brique lancée à travers une fenêtre.
Le constructeur est Michel Szozda, de Cool Kid Customs, qui s’était déjà fait repéré il y a quelques mois avec une Kawasaki ZZR600 très élégante. Il est basé à Haarlem, juste à l’ouest d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Il partage un espace de travail après les heures de bureau avec des amis : « Ils font tous des choses différentes, mais ils aiment tous les motos. Je fais simplement ce que j’aime et j’appelle ça un « travail », dit-il.
Michel a un faible pour les motos sportives, et pour cette nouvelle création, il a choisi l’une des plus grandes motos de tous les temps : une Suzuki GSX-R750 « slab side » de première génération, avec son moteur d’origine refroidi par air et huile, qui développe une puissance impressionnante (pour l’époque) de 100 chevaux.
« J’ai toujours voulu une GSXR de première génération », explique Michel. « J’ai toujours aimé les lignes et l’histoire de cette moto. J’en ai donc acheté une il y a quatre ans, mais elle ne fonctionnait pas. »
Michel l’a réparée juste assez pour qu’elle soit utilisable et l’a conduite pendant deux ans, le temps de réfléchir à la suite. « J’ai fait des recherches sur les « Slabbys » de première génération, explique-t-il, en cherchant des informations sur les améliorations possibles, l’histoire des courses, etc. Et j’ai commencé à améliorer la moto, petit à petit. »
Michel a commencé par remplacer le moteur par un moteur GSX-R750 de deuxième génération : le moteur « Slingshot » à course courte plus récent est plus puissant, grâce à une culasse « dot » améliorée avec des soupapes et des orifices plus grands, et des cames plus agressives.
« Le moteur d’origine était usé et brûlait de l’huile », explique Michel. « J’ai acheté le deuxième à bas prix, donc je n’avais pas beaucoup d’espoirs, mais après l’avoir installé, il fonctionnait comme neuf ! Il provenait d’une GSX-R de 1989. » Pour tirer le meilleur parti du moteur amélioré, Michel a également abandonné les carburateurs de série de 29 mm et les a remplacés par des carburateurs Mikuni BST36 Slingshot, équipés d’un kit de gicleurs/aiguilles Tovami et de collecteurs Slingy.
La moto était équipée d’un échappement Motad Nexxus du marché secondaire, mais la partie arrière était chromée. Michel a donc soudé un nouveau tuyau d’échappement et installé un silencieux de la marque italienne Mass Moto.
Sur la route, les freins se sont rapidement révélés être un point faible. « Ils m’ont lâché », se souvient Michel. « Mais au lieu de les réviser, j’ai remplacé tout l’avant. » Il a installé les fourches, les étriers Tokico à six pistons et la roue d’une GSX-R750 SRAD (Suzuki Ram Air Direct) de 2000. La roue arrière provient désormais de la même moto, ce qui permet d’y monter un pneu arrière de 190, et l’amortisseur arrière souple a été remplacé par un amortisseur WP racing, « ce qui a amélioré la maniabilité de 1 000 % ! »
Puis la petite amie de Michel lui a offert une selle Yoshimura pour son anniversaire. Il s’est donc débarrassé de l’énorme partie arrière d’origine, a déplacé tous les composants électroniques et a transformé la Gixxer en une moto monoplace.
Au cours du processus, il a dû fabriquer un nouveau sous-châssis adapté à la carrosserie, mais il a confié la selle au spécialiste amstellodamois Silver Machine. Ils ont utilisé du cuir véritable, avec un motif à pois et le logo CKC imprimé au laser sur la surface de la selle.
Une fois la selle conforme aux spécifications, Michel a décidé d’améliorer la position de conduite globale. « Les clip-ons bas me faisaient mal au dos », rapporte-t-il. « J’ai donc commandé un té supérieur pour des guidons plus hauts, et je l’ai complété avec des guidons ProTaper. Mais le carénage ne fonctionnait pas avec les guidons hauts. »
Michel a essayé différents modèles de carénage et a même fabriqué un moule pour un carénage personnalisé à un moment donné, mais rien ne lui convenait vraiment. Puis il a remarqué une Suzuki GSX750 appartenant à un ami, qui traînait inutilisée dans un atelier. Il a essayé le carénage de la GSX, l’a trouvé parfait et en a acheté un d’occasion.
« Je savais toutefois que je n’allais pas garder le phare d’origine en verre. J’avais quelques feux jaunes de chariot élévateur qui traînaient, alors j’ai soudé un support pour pouvoir les empiler les uns sur les autres », explique Michel. « Sont-ils homologués par l’UE ? Non ! Ont-ils un look cool ? Oui ! »
Après avoir entièrement refait le câblage électrique, Michel a installé un compteur de vitesse et un tachymètre combinés Daytona « Digital Velona » et s’est concentré sur la peinture.
Il a opté pour un mélange saisissant de rouge, noir et jaune avec un fort impact graphique, inspiré en partie par le Wu Tang Clan et en partie par le film d’animation japonais Akira de 1988. Cela explique également le nom de la GSX-R : « Neo-Tokyo ».
Ce n’est pas le genre de moto que l’on s’attend à voir dans la ville ancienne et raffinée de Haarlem. Mais un peu de dystopie cyberpunk est toujours la bienvenue, n’est-ce pas ?
Cool Kid Customs | Images par Duy Vu Dinh

