Dans le monde passionnant de la collection motocycliste, les 125 cm³ occupent une place toute particulière. Plus accessibles que leurs grandes sœurs, ces petites cylindrées offrent un terrain de jeu idéal pour les collectionneurs débutants comme confirmés. Mais attention : ce top 10 reste profondément subjectif et reflète avant tout mes préférences personnelles pour les motos légères et nerveuses, particulièrement les 2 temps.
Il existe une multitude d’autres modèles qui mériteraient leur place dans un tel classement, selon l’âge du rédacteur, son style de pilotage préféré, ou son budget. Certains privilégieront les roadsters sages, d’autres les trails d’aventure. Ce qui suit n’est donc qu’une vision parmi tant d’autres des 125 qui ont marqué l’histoire de la moto.
Dans cette sélection, j’ai voulu représenter différentes catégories : sportives, trails, roadster, et même une moto atypique venue du bloc de l’Est. Une attention particulière a été portée aux 2 temps, ces machines légères et pétillantes qui offrent des sensations incomparables à leurs équivalents 4 temps de même cylindrée.
1. Yamaha TZR 125 (1987-2003) – La reine des sportives 2 temps
Histoire et raison de sa présence dans le top
Lorsque Yamaha présente la TZR au salon de Paris en 1986, le constructeur japonais frappe fort. Dans un marché européen de la 125 en pleine recomposition, la firme au diapason répond à la déferlante italienne avec une machine d’une tout autre trempe. Homologuée en France en décembre 1986, la TZR partage sa base mécanique avec la TDR 125 : un monocylindre 2 temps à refroidissement liquide développé sur la 125 RDLC.
L’atout majeur de la TZR ? Un bridage intelligent qui, bien qu’il limite la puissance à 13 chevaux en version française, préserve le caractère sportif de la machine. En version libre (principalement pour le marché italien), la TZR affiche 26 chevaux pour les premiers modèles, puis 32 à 33 chevaux à 11 000 tours/minute pour les suivants. La TZR 125 R de 1992, fruit des évolutions apportées au modèle original, devient véritablement la référence absolue de la catégorie.
Son look directement inspiré des TZ 250 de compétition, notamment celle avec laquelle John Kocinski fut champion du Monde en 1990, en fait un objet de désir immédiat. Montée dans un cadre Delta box tout aluminium, la TZR propose une partie cycle taillée pour le circuit avec une rigueur de comportement exemplaire.
J’ai personnellement une affection particulière pour cette moto : c’est un pur 2 temps léger, nerveux, avec une vraie personnalité. Son système YPVS (Yamaha Power Valve System) rend le moteur exploitable sur une large plage de régime, contrairement aux monocylindres on/off de l’époque.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Moteur 2T vif et performant (26-33 ch débridé) | Position de conduite radicale peu confortable |
| Cadre aluminium rigide et précis | Entretien moteur exigeant (haut moteur tous les 10 000 km) |
| Partie cycle de très haut niveau | Consommation élevée (7-8 L/100 km + huile) |
| Look racing intemporel | Prix élevé à l’achat en version d’origine |
| Système YPVS pour une large plage d’utilisation | Bridage français frustrant (13 ch) |
Si vous souhaitez en savoir plus, ne manquez pas notre article dédié à la Yamaha TZR 125 ici.
2. Aprilia RS 125 (1992-2021) – L’italienne de référence
Histoire et raison de sa présence dans le top
L’Aprilia RS 125 est la seule moto qui peut véritablement rivaliser avec la TZR dans le cœur des passionnés. Apparue en 1992 pour remplacer l’AF1, la RS marque un tournant dans l’histoire des petites sportives. Son design, signé par le génial Massimo Tamburini (le créateur de la Ducati 916), lui confère une élégance racée incomparable.
La RS 125 se distingue par son engagement total vers la performance. Cadre périmétrique en aluminium, fourche inversée de 40 mm avec 120 mm de débattement, freins Brembo : tout y est pour en faire une vraie GP replica. Le monobras oscillant asymétrique de type « banane » et le double optique lenticulaire complètent un tableau technique impressionnant.
Côté moteur, le monocylindre 2 temps à refroidissement liquide développe officiellement 15 chevaux en version bridée, mais peut atteindre 34 à 36 chevaux en configuration libre. La boîte 7 rapports unique en son genre permet d’exploiter au mieux la puissance disponible.
Aprilia a dominé la catégorie des 125 sportives pendant des années avec 20 titres de champion du monde en catégorie 125. La RS est le fruit direct de cet héritage compétition. C’est une machine qui a formé toute une génération de pilotes, dont certains ont brillé ensuite en MotoGP.
Je l’inclus dans ce top car elle représente l’excellence italienne en matière de petite sportive. C’est un 2 temps pur et dur, exigeant, mais tellement gratifiant pour qui sait l’exploiter. Voir notre article complet ici sur l’Aprilia rs 125 et ses différentes versions.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Design Tamburini sublime | Fiabilité aléatoire (électricité notamment) |
| Partie cycle de compétition | Prix des pièces et carénages très élevé |
| Moteur puissant (34-36 ch débridé) | Entretien lourd et coûteux |
| Freinage Brembo d’exception | Pièces détachées difficiles à trouver |
| Boîte 7 rapports unique | Exclusivité extrême (peu confortable au quotidien) |
3. Honda NSR 125 (1988-2003) – La sage japonaise
Histoire et raison de sa présence dans le top
Conscient de l’importance d’une 125 ultra-sportive pour répondre au marché italien, mais aussi espagnol et français, Honda répond à Aprilia et Cagiva par l’intermédiaire de la NSR 125 R. Pour être sûr de bien être en accord avec la clientèle européenne, cette petite bombe est produite dans l’usine Honda d’Atessa en Italie.
L’appellation NSR n’a pas été choisie au hasard : depuis dix ans, ces trois lettres sont synonymes de Grand Prix pour Honda. La ligne de la 125 NSR s’inspire largement de la prestigieuse 750 NR à pistons ovales. Comme ses concurrentes directes, la Honda est équipée d’un monocylindre 2 temps à refroidissement liquide équipé de valves à l’échappement (système ATAC).
La version française est bridée à 13 chevaux, mais la version libre développe 31 chevaux à 10 500 tr/min. À partir de 1988, la NSR-R adopte un cadre en aluminium périmétrique, des roues en alliage à 3 puis 6 branches, et un carénage qui prend sa forme définitive en 1990.
La NSR est moins extrême que ses rivales italiennes, moins puissante aussi (26 à 31 ch contre 34-36 pour les italiennes), mais elle compense par une fiabilité supérieure et un comportement plus équilibré. C’est la sportive 125 pour ceux qui veulent goûter aux joies de la conduite sportive sans les contraintes des bombes transalpines.
Je l’ai intégrée dans ce top car elle représente le compromis intelligent : suffisamment sportive pour s’amuser, assez docile pour un usage quotidien. Et puis, c’est aussi un 2 temps, ce qui ne gâche rien ! Voir notre article complet sur la Honda 125 NSR ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Fiabilité Honda exemplaire | Moins puissante que les italiennes (31 ch max) |
| Comportement équilibré et accessible | Esthétique moins radicale |
| Bon compromis sport/quotidien | Freinage moins mordant |
| Entretien plus simple | Suspensions moins sportives |
| Pièces encore disponibles | Caractère moteur moins affirmé |
4. Suzuki RG 125 Gamma (1985-1996) – L’alternative abordable

Histoire et raison de sa présence dans le top
Présentée en 1984 au salon de Cologne, le RG 125 Gamma vient compléter la gamme des sportives 2T de Suzuki dès 1985, déjà riche d’une RG 250 Gamma et du méchant RG 500 Gamma. À cette période, la concurrence italienne n’a pas encore sorti ses missiles et Honda peaufine sa NSR 125 qui ne sortira qu’en 1987.
D’un point de vue marketing, Suzuki semble vouloir refaire le même coup qu’avec le GSX-R : proposer un modèle aux attributs sportifs très visibles. Le carénage presque intégral est quasiment une première sur une 125 de série. La partie arrière est taillée à la serpe dans la plus pure ligne esthétique des Suzuki de l’époque.
Le moteur monocylindre 2T à refroidissement liquide reprend les mêmes cotes que son grand frère 250. Il s’équipe d’un système EPC (Exhaust Power Chamber), une chambre d’expansion placée devant la culasse pour rendre le moteur moins creux en bas sans nuire aux hauts régimes. En version libre, ce 125 développe 25 chevaux pour un poids de 110 kg avec les pleins.
La RG 125 F de 1992 marque un tournant avec l’adoption d’un cadre périmétrique en acier (contrairement aux italiennes en alu), une fourche inversée et un bras oscillant banane. Fidèle à sa politique commerciale, Suzuki combine des technologies de pointe avec des solutions plus classiques pour proposer une machine moins chère que ses rivales italiennes.
Elle figure dans ce top car c’est la sportive 2 temps accessible : moins exclusive que les italiennes, moins chère à l’achat et à l’entretien, mais avec un vrai caractère et de vraies sensations. Un excellent compromis rapport qualité/prix. Voir notre article complet sur la Suzuki 125 RG ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Prix d’achat inférieur aux italiennes | Moins puissante (25-33 ch) |
| Bon compromis stabilité/maniabilité/confort | Esthétique moins racée |
| Fiabilité correcte | Cadre acier moins valorisant |
| Moteur expressif et nerveux | Performances en retrait face à la concurrence |
| Entretien abordable | Carénage plus modeste |
5. Cagiva Mito 125 (1989-2007) – La sulfureuse italienne
Histoire et raison de sa présence dans le top
La Mito apparaît fin 1989 pour remplacer la 125 Freccia. Jamais une moto de route n’a été aussi proche d’une machine de course. La Cagiva Mito réunit tous les perfectionnements de la compétition : cadre à double caisson en aluminium, valve à l’échappement, et surtout une boîte 7 rapports unique qui fait toute la différence.
Le design est signé Massimo Tamburini et s’inspire directement de la Ducati 916. Carénages enveloppants, optiques agressifs, coque arrière relevée, pot sous la selle : tout y est pour en faire une véritable œuvre d’art roulante. Sur certains modèles, le monobras oscillant complète un tableau technique impressionnant.
Le moteur monocylindre 2 temps développe officiellement 15 chevaux en version bridée, mais peut atteindre 36 chevaux à 11 600 tr/min en configuration libre. Équipée de larges pneus Michelin radiaux à profil bas directement issus de la course, la Mito offre un niveau de grip et de précision époustouflant.
Les versions spéciales comme la Lucky Explorer (hommage au rallye-raid), la Lawson Replica (souvenir des succès en GP500) ou la SP 525 (version compétition homologuée) sont aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs.
La Mito figure dans ce top car c’est la plus extrême des 125 sportives. Exclusive, exigeante, capricieuse parfois, mais tellement gratifiante. C’est le 2 temps dans sa forme la plus pure et la plus radicale. Un monstre de caractère qui ne laisse personne indifférent. Voir notre article dédié à la Cagiva Mito 125 ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Design Tamburini sublime | Fiabilité catastrophique (électricité) |
| Moteur très puissant (36 ch débridé) | Pièces détachées introuvables |
| Boîte 7 rapports unique | Entretien très coûteux |
| Partie cycle de compétition | Fragilité mécanique |
| Exclusivité absolue | Prix prohibitif en bon état |
6. Yamaha DTR 125 (1988-2003) – Le trail indestructible
Histoire et raison de sa présence dans le top
Héritière de la fabuleuse DTMX et de la DTLC « bombe à eau », la DTR apparaît en 1988 et marque un nouveau virage dans l’histoire du trail. Yamaha règne en motocross 125 avec Van de Berk en 1987, et cette nouvelle DTR bénéficie directement de cet héritage sportif.
Son moteur, dérivé de la TZR de route, est un compact bloc 2 temps à refroidissement liquide avec système YPVS. Le cadre semi-double berceau en acier est associé à des suspensions à grands débattements : fourche télescopique de 41 mm avec 270 mm de débattement à l’avant, mono-amortisseur à biellettes avec 130 mm à l’arrière.
La version non bridée développe 21,3 chevaux à 7 000 tr/min. Le démarreur électrique arrive sur la version DTR-E en 1989, et le freinage à disque se généralise progressivement. La DTR bénéficie d’améliorations continues tout au long de sa carrière de 15 ans.
La DTR descend en ligne directe de l’illustre DTMX, la moto qui a fait le plus gros carton en France. Ce trail s’adapte à tous les usages, aussi à l’aise en ville que sur les terrains caillouteux. Les imperfections de la route s’effacent avec les débattements généreux.
Elle mérite sa place dans ce top car c’est le trail polyvalent par excellence. Un 2 temps fiable, performant, capable de tout faire. En ville, elle domine le trafic grâce à sa position haute. Sur chemins, elle encaisse tout. Et sur route, elle file à bon train. Une vraie machine à tout faire, indestructible. Voir notre article dédié à la Yamaha DTR 125 ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Polyvalence exceptionnelle | Position haute exigeante pour petits gabarits |
| Fiabilité Yamaha légendaire | Consommation élevée |
| Suspensions à grands débattements | Carénage fragile en cas de chute |
| Moteur YPVS coupleux et exploitable | Prix élevé sur le marché de l’occasion |
| Facile à entretenir | Pompe à huile sensible (modèles anciens) |
7. Honda CB 125 Twin (1977-1988) – Le bicylindre collector
Histoire et raison de sa présence dans le top
La Honda CB 125 Twin apparaît en 1977 et marque une rupture dans le monde des petites cylindrées. À une époque où tous les constructeurs se contentent de monocylindres basiques, Honda propose un bicylindre 4 temps sophistiqué sur une 125. Le pari est audacieux mais le résultat dépasse toutes les attentes.
Le moteur bicylindre en ligne de 124 cm³ adopte un refroidissement par air et une distribution simple arbre à cames en tête. Les deux carburateurs Keihin de 22 mm alimentent chaque cylindre individuellement. La culasse monobloc en alliage léger intègre des chambres de combustion hémisphériques.
La CB 125 Twin inaugure le design « Eurostyle » : le réservoir se prolonge élégamment par les caches latéraux. Les échappements sont délicatement relevés, deux par cylindre. Le résultat impressionne : une sonorité unique, des vibrations maîtrisées et un caractère moteur incomparable.
La version T2 (1978-1982) adopte les jantes Comstar à 5 branches et améliore le freinage. La version TD (1983-1988) reçoit le démarreur électrique, un frein avant hydraulique et passe au 12 volts. L’ultime TDJ (1988-1989) est plus sage avec 15 chevaux.
Cette moto figure dans le top car c’est l’anti-2 temps par excellence. Un 4 temps raffiné, doux, sophistiqué, à l’opposé des monocylindres brutaux de l’époque. Une vraie leçon de technologie Honda. Idéale pour débuter dans la collection, avec un prix raisonnable et des pièces disponibles. Et puis, ce bicylindre qui chante jusqu’à 13 000 tr/min, c’est une vraie symphonie ! Voir notre article complet sur la Honda CB 125 Twin ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Bicylindre unique en 125 | Moteur creux à bas régime |
| Sonorité exceptionnelle | Performances modestes (15-17 ch) |
| Fiabilité Honda exemplaire | Frein avant mécanique faible (T1/T2) |
| Design Eurostyle intemporel | Circuit 6V sur premières versions |
| Facilité d’entretien | Transmission longue d’origine |
8. MZ ETZ 125 (1985-1995) – L’originale de l’Est
Histoire et raison de sa présence dans le top
La MZ ETZ 125 mérite sa place dans ce top pour une raison simple : c’est l’anti-star absolue. Issue de l’Allemagne de l’Est, héritière d’une longue lignée qui remonte à DKW, la MZ incarne une philosophie diamétralement opposée aux bombes japonaises et italiennes.
Après la partition de l’Allemagne en 1946, le fief de DKW se retrouve dans le secteur oriental. MZ (Motorradwerke Zschopau) reprend le flambeau avec des motos rustiques mais indestructibles. Les modèles 125 et 250 cm³ 2 temps évoluent lentement : ES à suspension avant Earles, puis TS avec fourche télescopique, enfin ETZ avec ses améliorations progressives.
L’ETZ 125 adopte un compte-tours, une chaîne primaire Duplex, une pompe de graissage séparé, des freins à disques Grimeca et une fourche avant d’inspiration italienne. Le moteur monocylindre 2 temps développe 10 chevaux à 5 800 tr/min pour 122 kg. Vitesse maximale : 100 km/h.
La MZ n’a ni les performances des japonaises, ni le raffinement des italiennes. Mais elle a autre chose : une simplicité déconcertante, une fiabilité à toute épreuve, et un charme indéfinissable. Les MZ ne tombent jamais vraiment en panne : on arrive toujours à repartir. Et la communauté MZ est extraordinairement soudée.
Elle figure dans ce top car elle représente l’authenticité pure. Une moto honnête, sans prétention, qui fait le job. Parfaite pour qui veut collectionner différemment, avec un budget limité. Et puis, c’est un 2 temps simple comme bonjour, réparable avec un tournevis et un marteau. Une vraie école de mécanique ! Voir notre article complet sur la MZ 125 ETZ ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Simplicité mécanique extrême | Performances limitées (10 ch, 100 km/h) |
| Fiabilité et robustesse légendaires | Finitions spartiates |
| Prix d’achat dérisoire | Esthétique datée |
| Réparable à l’infini | Pneus d’origine dangereux |
| Communauté très active | Adhérence faible |
9. Cagiva Mito EV (1999-2007) – La dernière des 2 temps
Histoire et raison de sa présence dans le top
Je triche un peu en incluant deux Cagiva, mais la Mito EV mérite sa place propre. Apparue en 1999, elle représente l’ultime évolution de la lignée Mito, avec des améliorations substantielles par rapport aux versions précédentes.
La Mito EV (pour « evolución ») bénéficie d’une boîte passée de 7 à 6 rapports (plus fiable), de nouvelles jantes à 6 bâtons au lieu de 3, d’une boîte à air modifiée, d’un échappement repensé et d’un boîtier d’allumage nouvelle génération. Le moteur est stabilisé et gagne en fiabilité.
Les versions spéciales SP95 et SP 525 poussent le concept encore plus loin avec des pièces de compétition (culasse, cylindre, piston et échappement). La SP 525 de 2006, avec son esthétique C594 (GP500), développe 37 chevaux et représente le summum de la sportive 125 2 temps.
En 2007, Cagiva commercialise la Mito Momos en Malaisie (300 exemplaires), basée sur la SP 525 mais équipée pour la route. C’est le chant du cygne de la plus belle des 125 sportives avant l’arrêt définitif de la production.
La Mito EV clôt ce top car elle symbolise la fin d’une époque : celle des 2 temps de haute performance. Les normes antipollution auront raison de ces machines extraordinaires. Posséder une Mito EV, c’est détenir un morceau d’histoire, le dernier témoignage d’une ère révolue où les 125 pouvaient développer 37 chevaux.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Évolution aboutie de la Mito | Toujours les problèmes électriques Cagiva |
| Boîte 6 plus fiable que la 7 | Pièces encore plus rares |
| Moteur stabilisé | Prix prohibitif pour bons exemplaires |
| Versions SP exceptionnelles (37 ch) | Nécessite expertise pour entretien |
| Dernière grande sportive 2T | Exclusivité absolue |
10. Derbi GPR 125 (2004-2013) – La petite dernière
Histoire et raison de sa présence dans le top
Pour clore ce top 10, j’ai choisi la Derbi GPR 125, arrivée tard dans le jeu (2004) mais qui mérite amplement sa place. Alors que les normes antipollution commencent à tuer les 2 temps, Derbi ose encore proposer une vraie sportive avec un monocylindre 2T.
La GPR reprend le look des motos de Grand Prix Derbi des années 90-2000, époque où la marque espagnole brillait en 125 et 250 GP. Le design est agressif, moderne, avec des optiques acérées et un carénage enveloppant. Le cadre en aluminium, la fourche inversée et le monobras oscillant complètent une partie cycle de haut niveau.
Le moteur monocylindre 2 temps à refroidissement liquide développe officiellement 15 chevaux en version bridée, mais peut atteindre 28-30 chevaux débridé. La valve RAVE (similaire au système YPVS de Yamaha) assure une large plage d’utilisation. L’injection électronique remplace progressivement le carburateur pour répondre aux normes Euro 3.
La GPR évolue en 2006 avec un nouveau design encore plus radical, puis en 2009 avec des améliorations techniques. La production cesse en 2013, marquant la fin définitive des 125 sportives 2 temps en Europe.
Elle figure dans ce top car c’est la dernière mohicane des sportives 2 temps accessibles. Moins exclusive que la Cagiva, moins chère aussi, mais avec un vrai caractère et de vraies performances. C’est la dernière chance d’acquérir une sportive 125 2T moderne à prix abordable avant que les prix ne s’envolent. Voir notre article complet sur la Derbi GPR ici.
Tableau des points forts et faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Dernière sportive 2T moderne | Moins de cachet que les italiennes |
| Design GP réussi | Fiabilité correcte mais pas exceptionnelle |
| Bon rapport performances/prix | Moins recherchée en collection |
| Partie cycle efficace | Pièces spécifiques rares |
| Plus accessible que Mito/RS | Finitions perfectibles |
Pourquoi une telle préférence pour les 2 temps ?
Vous l’aurez remarqué : 9 des 10 motos de ce classement sont des 2 temps. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix assumé. Les motos 2 temps offrent des sensations incomparables pour plusieurs raisons :
La légèreté : à cylindrée égale, un 2 temps est toujours plus léger qu’un 4 temps. Une TZR 125 pèse 135 kg, une NSR 132 kg, une Mito 117 kg. Cette légèreté se traduit par une agilité exceptionnelle, des changements de direction instantanés, une facilité de prise en main.
La puissance : là où un 4 temps bridé plafonne à 15 chevaux réels, un 2 temps débridé peut atteindre 30 à 37 chevaux. Le rapport poids/puissance devient extraordinaire. Une Mito de 117 kg avec 36 chevaux affiche un rapport de 3,25 kg/ch, rivalisant avec des sportives de cylindrée bien supérieure.
Le caractère : un 2 temps a une personnalité unique. Le bruit caractéristique du monocylindre qui hurle, l’odeur de l’huile de ricin, la montée en régime explosive, les vibrations qui vous transpercent. C’est viscéral, primitif, addictif. Rien à voir avec le ronronnement policé d’un 4 temps.
La simplicité : mécaniquement, un 2 temps est plus simple qu’un 4 temps. Pas de distribution, pas de soupapes, moins de pièces mobiles. L’entretien est à la portée d’un mécanicien amateur motivé.
Bien sûr, les 2 temps ont aussi leurs inconvénients : consommation élevée, entretien plus fréquent (segmentation tous les 10 000-15 000 km), pollution. Mais pour un passionné de sensations pures, ces contraintes sont un prix dérisoire à payer.
Mentions honorables
Plusieurs motos n’ont pas trouvé leur place dans ce top 10 mais mériteraient d’être mentionnées :
- Kawasaki KMX 125 (1986-2003) : le trail 2 temps alternatif à la DTR, avec un mono puissant et fiable
- Honda CRM 125 (1989-1999) : autre concurrent de la DTR, plus sportif que la Kawasaki
- Gilera SP 01/02 (1992-2007) : une sportive italienne de qualité, dans l’ombre de l’Aprilia RS
- Kawasaki AR 125 (1982-1995) : la routière sportive avant la déferlante des replicas
- Yamaha XT 125 (1982-2007) : le petit trail routier fiable et économique
- Vespa PX 125 : pour les amateurs de scooters vintage
- Peugeot 125 XP6/XPS : les trails français qui ont marqué une génération
Conseils pour débuter une collection de 125
Si vous envisagez de vous lancer dans la collection de 125, voici quelques conseils basés sur mon expérience :
Commencez par un 4 temps : si vus êtes débutant en mécanique, une Honda CB 125 Twin est idéale. Prix raisonnable (1 500-3 000 €), fiabilité à toute épreuve, entretien simple, pièces disponibles. Vous apprendrez la mécanique de base sans stress.
Progressez vers les 2 temps simples : une DTR ou une NSR sont d’excellents seconds choix. Elles nécessitent plus d’entretien qu’un 4 temps, mais restent abordables et fiables. Vous découvrirez le plaisir du 2 temps sans tomber dans l’excès.
Évitez les bombes italiennes au début : Mito, RS, RG sont des machines fantastiques mais exigeantes. Elles nécessitent une expertise mécanique pointue, un budget conséquent, et beaucoup de patience pour trouver les pièces. À réserver aux collectionneurs confirmés.
Privilégiez les motos complètes et d’origine : un carénage de Mito coûte une fortune. Des carters moteur fêlés sont quasi impossibles à remplacer. Une moto accidentée ou dépouillée peut devenir un gouffre financier.
Rejoignez les communautés : forums, clubs, rassemblements sont essentiels. Vous y trouverez conseils, pièces, entraide. La communauté des passionnés de 125 est particulièrement active et accueillante.
Prévoyez un budget entretien : une 125 sportive 2 temps bien entretenue coûte 500 à 1 000 € par an en pièces et consommables (segments, roulements, joints, plaquettes, pneus, huile). Ne négligez jamais l’entretien préventif.
Conclusion
Les 125 de collection offrent un terrain de jeu passionnant, accessible, et incroyablement varié. Des bombes italiennes aux trails japonais, des roadsters raffinés aux curiosités est-allemandes, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.
Ce top 10 reflète ma passion personnelle pour les 2 temps légers et nerveux, mais chacun trouvera son bonheur selon ses propres critères. L’essentiel est de choisir une moto qui vous fait vibrer, qui correspond à votre style, et que vous aurez plaisir à bichonner et à piloter.
Les 125 sportives 2 temps sont aujourd’hui vouées à disparaître, victimes des normes antipollution. Les dernières ont été produites il y a plus de 10 ans. Leurs prix commencent à grimper sur le marché de l’occasion, et les bons exemplaires se raréfient. Si vous êtes tenté par l’aventure, c’est maintenant qu’il faut agir : dans quelques années, ces machines seront devenues inaccessibles.
N’oubliez pas de consulter nos autres guides pour bien démarrer dans la collection : comment acheter sa première moto, comment assurer une moto de collection, comment réviser sa moto après un arrêt prolongé, et comment organiser son garage.
Alors, laquelle de ces 10 merveilles va rejoindre votre garage ?



