L’époque dorée du tout-terrain
La décennie des années 70 voit exploser l’esprit de liberté et l’aventure hippie. Suite au triomphe des premières XT 500 qui arrivent en France en 1976, une autre machine légendaire fait son apparition : la 125 DTMX.
Cette période était marquée par un formidable élan d’aventure, où partir explorer l’Afrique ou l’Asie centrale était un rêve accessible. Le tout-terrain incarnait cette soif de liberté, tandis que les premiers rallyes-raids africains, précurseurs du futur Dakar, commençaient à faire rêver toute une génération. Bon, en 2025 c’est toujours possible comme je l’ai fait lors de mon road trip moto en Indonésie.
Genèse d’un phénomène commercial
Le constructeur japonais avait l’ambition de créer une machine séduisante s’inspirant des modèles de course comme les YZ125. L’opportunité était idéale car à cette époque, posséder un simple permis B suffisait pour conduire une moto de 125 cc. L’équation était simple !
C’est dans ce contexte que naît en 1977 la première 125 Dirt Track Moto Cross (type 2A6). Cette machine révolutionnaire rompt totalement avec ses prédécesseurs, les 125 DTF/DTE. Véritable passerelle vers l’univers du tout-terrain accessible financièrement, elle demeurera au catalogue pendant 18 années et connaîtra un succès phénoménal avec 97 008 unités écoulées !
La stratégie marketing audacieuse
Une campagne d’affichage sur la 125DTMX en 1979 n’hésite pas à barder les murs de nos villes d’un grand : « JOUIR ». Cette 125cc est assimilée au « PLAISIR » et cela marche. Pour l’époque, cette publicité était particulièrement osée ! Le slogan complet était révélateur de l’esprit de liberté : « Jouir c’est avoir du plaisir. Rouler Yamaha, c’est aussi un plaisir. Alors que dire de la Yamaha DT 125MX, sino qu’elle est le plaisir ? »
Le secret de ce triomphe réside dans son esthétique attractive et sa prise en main intuitive. Étudiants, professions libérales ou artisans, elle conquit tous les publics.
Des innovations techniques remarquables
Le cœur de cette machine est un moteur 125cc monocylindre 2 temps à refroidissement par air, produisant 14 chevaux à 6500 tr/min couplé à une transmission 6 vitesses. L’alimentation se fait via des clapets d’admission et le lancement reste traditionnel : démarrage au kick exclusivement !
L’innovation la plus spectaculaire demeure discrètement cachée : son système de suspension arrière ! Yamaha révolutionne avec l’adoption d’un système cantilever. Dissimulé sous la selle et le réservoir, ce dispositif offre des performances supérieures aux suspensions conventionnelles grâce à un débattement optimisé. Cette technologie, héritée directement des machines de Grand Prix, notamment la YZ championne du monde de 1973, représentait une première absolue sur une moto de série homologuée.
La machine embarque également un réservoir de lubrifiant d’un litre pour assurer le graissage séparé du moteur. Le freinage s’appuie sur deux tambours (avant et arrière) pour maîtriser les 96 kg à vide de l’ensemble.
L’évolution chronologique de la DTMX
- 1979 : Garde-boue avant perforé
- 1980 à 1986 : Bras oscillant profilé rectangulaire + allumage électronique
- 1986 à 1991 : Limitation de l’échappement et réduction de 14ch à 13ch (réglementations environnementales)
- 1977 à 1991 : Modifications des livrées et équipements de la moto
La DTMX dans l’aventure et la compétition
Exploits au Paris-Dakar
La 125 DTMX ne s’est pas contentée d’être une moto de loisir. Dominique Boisgontier s’alignera au Paris-Dakar 1980 avec sa Yamaha 125 DTMX, prouvant les capacités de cette petite cylindrée en conditions extrêmes. En 1984, un des premiers modèles, à suspension cantilever donc, piloté par Patrick Vallet, a même terminé le Paris-Dakar à la 40e place – un exploit remarquable pour une 125cc !
Compétition française
Dans l’ambiance du Paris-Dakar, des courses d’enduro, dont celle du Touquet ou même Jean Claude Olivier, le patron de Yamaha France est présent en ligne de départ. La DTMX était facilement préparable pour la compétition avec des modifications simples : kits YZ, réservoirs « jumbo » de 15 litres, modifications de boîte à air…
Démonstration spectaculaire
Pour la petite histoire, Yamaha tente alors le coup de présenter sa moto sur la piste de glace d’Isola 2000, face à la Lancia Stratos de Bernard Darniche. La moto ne prend que 2 secondes dans la vue – une démonstration marketing mémorable !
L’impact sociologique méconnu
Avec un succès tel que celui de la DTMX (14000 vendues en 77 et 23500 en 1979!), les constructeurs de cyclos Français, dans l’incapacité de suivre, se sont employés à faire pression sur le gouvernement. Résultat : la DTMX a contribué à la disparition du permis à 16 ans ! La nouvelle législation en 1981 fait que le permis voiture ainsi que le A1 n’autorisent plus la conduite des motos de plus de 80 cm3.
Qui aura la plus grosse ?
Plus discrète sur le sol français, la DTMX sera aussi déclinée en 250cc et 400cc. Pour doper la petite 125cc, un kit 175cc sera proposé mais n’apportera pas vraiment de différences notables (hormis un allégement du porte-monnaie).
Mécanique et fiabilité
Le groupe motopropulseur de la DTMX affiche une robustesse certaine, même si le petit 2 temps nécessite plus d’attention qu’un 4 temps. Heureusement, cette machine dispose d’une architecture simple et particulièrement accessible pour la maintenance ! Cependant, n’espère pas échapper aux interventions techniques en bordure de chemin… c’est le charme des classiques !
La DTMX aujourd’hui sur YouTube et les réseaux
La légende perdure ! La chaîne Youtube Dingue de 125 nous offre un véritable voyage dans le temps avec sa dernière vidéo publiée en septembre 2024. L’animateur nous présente la légendaire Yamaha DTMX 125, un modèle qui a marqué toute une génération de motards. Ces contenus permettent aux nouvelles générations de découvrir cette icône et aux anciens de revivre leurs souvenirs.
La DTMX dans ton garage : oui mais à combien ?
Authentique bestseller et machine emblématique d’une époque, elle demeure facilement accessible sur le marché. Des exemplaires en bon état se négocient entre 1500 et 2500 € selon leur préservation. Pour les budgets serrés, des projets de restauration (roulants ou non) sont disponibles autour de 500€ ou moins.
Attention aux pièges !
Cependant, les éléments d’origine Yamaha coûtent cher et certains sont devenus rarissimes (carénages notamment). Les composants de 125 dtmx se raréfient, la machine la plus récente ayant 27 ans et la plus ancienne 40 ans. Réfléchis donc avant d’éliminer des pièces usagées ou endommagées…
Points de vigilance à l’achat
Sois attentif lors de l’acquisition d’un exemplaire d’occasion aux bricolages évidents : perforations dans le filtre à air, culasses à 6 vis au lieu de 4, absence de câblage ou de pompe à huile, réservoir surdimensionné de 15 litres…
Conclusion : une légende intemporelle
Phénomène commercial exceptionnel avec 97008 ventes, elle demeure la 125cc la plus plébiscitée de l’histoire ! La Yamaha 125 DTMX transcende le simple statut de moto vintage pour devenir l’incarnation d’une époque disparue où la liberté de circulation était absolue, où l’aventure débutait au bout de sa rue.
Que tu sois nostalgique des seventies ou simplement amateur de belles mécaniques, la DTMX reste LA référence incontournable du trail vintage français. Une machine qui a su traverser les décennies sans perdre de son charme, portée par sa simplicité, sa robustesse et surtout cette magie si particulière des 2 temps d’antan.
La DTMX, c’est plus qu’une moto, c’est un art de vivre !
